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Jusqu'au 16 mai 2008

Gigoux a été une figure incontournable du milieu artistique parisien du XIXe siècle. Ami de Delacroix, de Nodier, de Thoré, partageant la vie de Madame Hanska, la veuve de Balzac, il est bien connu des historiens pour sa collection de maîtres anciens et d'œuvres romantiques, en partie recueillie par le musée de Besançon, sa ville natale. Si la figure de l'amateur a aujourd'hui éclipsé celle de l'artiste, Gigoux a pourtant mené, dès le milieu des années 1830, une carrière de peintre d'histoire, de portraitiste et d'illustrateur. Ses planches pour le Gil Blas de Santillane de Lesage ou ses bois gravés publiés dans L'Artiste compte parmi les plus éclatantes réussites de l'illustration romantique. Avec près d'une centaine d'aquarelles et de dessins entrés en 1975 avec la donation d'Henri Baderou, le musée des Beaux- Arts de Rouen abrite le premier fonds d'œuvres de sa main. À quelques rares exceptions près, il n'avait jamais été ni exposé ni publié.
L'exposition présente les quarante plus belles pièces de cet ensemble, publié dans son intégralité dans un numéro des Cahiers du Cabinet des dessins qui propose sur cet artiste encore peu connu les résultats d'un important travail de recherches.
Entrée comprise dans le billet d'entrée des collections permanentes du musée des Beaux-Arts
Tatif plein 3 € / tarif réduit 2 €
AUTOUR DE L'EXPOSITION
Visites commentées
Dimanches 23 mars et 20 avril à 15h (18 personnes)
Tarif : 3,80 € + entrée à tarif
réduit ; gratuit pour les moins de 18 ans
Catalogue
Voir notre rubrique "Publications"
Musée des Beaux-Arts - La Galerie
1er mars - 27 avril 2008

AUTOUR DE L'EXPOSITION
Visites commentées
Dimanches 30 mars et 27 avril à 16h
Tarif : 3,80 € ; gratuit pour les moins de 18 ans
Midi-musées
20, 21, 27, 28 mars à 12h30
Tarif : 3,80 € ; gratuit pour les moins de 18 ans
À voir également
du 1er au 15 mars 2008 à l'Hôtel de Ville de Sotteville-lès-Rouen, salle des mariages
du lundi au samedi de 10h à 17h30 et le dimanche de 10h à 13h
du 1er au 30 mars 2008 à
la bibliothèque municipale de Sotteville-lès-Rouen
aux jours et horaires d'ouverture de la bibliothèque

Il existe un univers entièrement gris, peuplé de dessins tous différents qui tendent désespérément vers la même ombre fatale, un monde à la fois confortable et terrible où vit silencieusement, depuis plusieurs décennies, Bernard Ollier.
C'est une œuvre à deux versants, plastique et littéraire, que l'artiste secrète plus qu'il ne la construit, avec la patience du ver à soie et l'ironie d'un capitaine qui contemplerait avec un léger sourire le lent naufrage de l'existence. À des textes courts, cocasses et funèbres puisqu'ils content une longue série de morts de peintres, répondent de grands dessins dont la trame complexe fait jouer tous les effets possibles du graphite. Les dessins semblent parfaitement monochromes si on les regarde à distance, comme la vie qui n'est qu'une suite d'événements insignifiants et aléatoires, ponctuée par un dernier incident tout aussi dérisoire que les précédents.
C'est peut-être cette absence de direction qui est perceptible dans les dessins, avec ces traits courts, nerveux et souples à la fois, cet enchevêtrement infernal qui marque l'impossibilité de tracer une ligne, un projet, un choix. L'œuvre témoigne d'une vie qui s'est confondue avec un processus sans fin, d'un vertige où s'est complu l'artiste pendant des journées entières, et combien de journées : celui de l'ennui et de l'indifférence. Laisser le travail « se faire tout seul », pour atteindre cette jubilation précieuse qu'est la contemplation du néant. Mais c'est paradoxalement un hymne à la vie efficace et réconfortant, une démonstration d'énergie et d'humour qui ressort de cet étrange frémissement dans l'étendue grise.
Entrée comprise dans le billet d'entrée du musée des Beaux-Arts
Plein tarif : 3 €
Tarif réduit : 2 €
AUTOUR DE L'EXPOSITION
Visite commentée
Samedi 7 juin à 15h
Tarif : 3,80 € + entrée à tarif
réduit ; gratuit pour les moins de 18 ans
Nuit des musées
samedi 17 mai
Visite commentée , 19h
Gratuit, dans la limite des places disponibles
Projection d'un film sur le travail de l'artiste
Jardin des sculptures
Entrée libre

Figure marquante de la vie artistique rouennaise à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, Charles Frechon bénéficie aujourd'hui d'une renommée trop strictement régionale : à la suite d'un curieux retournement, cet artiste dont le public rouennais raillait les toiles au temps où il exposait dans les sanctuaires parisiens de la peinture moderne est devenu au fil du temps une valeur du terroir, ce qui ne va pas sans inconvénient. La rétrospective organisée aujourd'hui offre l'occasion de prendre la pleine mesure de ce peintre rare et de rappeler sa place dans cette « école de Rouen » qui constitue l'un des fruits les plus inattendus de la grande aventure de l'impressionnisme.
Plein tarif : 5 €
Tarif réduit : 3 €
Entrée gratuite pour les moins de 18 ans et les demandeurs d'emploi.
AUTOUR DE L'EXPOSITION
Visites commentées
Dimanches 29 juin, 6, 13, 20 et 27 juillet, 24 et 31 août, 7 et 13 septembre à 16h
Durée : 1h
Tarif : 3,80 € + entrée à tarif réduit ; gratuit pour les moins de 18 ans
Visite en langue des signes
Samedi 14 juin à 15h
Midi-musée
Jeudis 26 juin et 4 septembre, vendredis 27 juin et 5 septembre à 12h30
Durée : 45 minutes
Tarif : 3,80 € + entrée gratuite ; gratuit pour les moins de 18 ans
Musées en famille
Dimanche 22 juin à 16h
Durée : 1h15 – 30 adultes et 15 enfants maximum
Tarif : 3,80 € + entrée à tarif réduit ; gratuit pour les moins de 18 ans
Planète Vacances
Du lundi 25 au vendredi 29 août, 14h – 17h
Pour les 9-15 ans - 12 enfants maximum
Inscriptions auprès de la direction de la Jeunesse et des Sports, mairie de Rouen, 02 35 08 68 74.
Stage de pratique artistique
Du mercredi 9 au 11 juillet, 10h – 12h / Pour les 6-12 ans – 22,95 €
Inscription auprès du service des publics (02 35 52 00 62)

L' Association des Amis des musées de la Ville de Rouen a réalisé au cours des dernières années une série d'acquisitions remarquables et son efficacité a permis au musée des Beaux-Arts de saisir rapidement des occasions qu'il ne fallait pas manquer. Depuis l'acquisition d'une très belle Vierge reliquaire du début du XVIe siècle, qui avait été célébrée par une exposition réunissant les dons de l'Association jusqu'à cette date, trois opérations exemplaires ont été menées à bien. Elles sont aujourd'hui présentées dans une exposition -dossier au cabinet des dessins de l'aile sud. La première, réalisée avec le mécénat conjoint de la Caisse d'Epargne, a déjà été évoquée dans notre programme printemps-été 2008 : il s'agit du vase en céramique à émaux translucides d'Emile Gallé, représentant l'entrée de Charles VII à Reims sous l'oeil satisfait de Jeanne d'Arc. Le vase a été présenté à l'Exposition Universelle de 1889 pour laquelle Emile Gallé, lorrain d'origine, avait choisi pour thème « L'Amour du sol natal ».
Peu après notre exposition du fonds Moïse Jaccober donné au musée en 1897 par Cornélia Marjolin-Scheffer, des particuliers nous proposaient deux superbes peintures sur cuivre de nature à compléter parfaitement cet ensemble de quarante-cinq études dessinées, esquisses à l'huile sur papier ou sur carton et fragments de toiles découpées pour servir de répertoire de motifs. Le fonds ne comprenait aucun tableau achevé. Les peintures de Jacobber – et a fortiori les paires – apparaissent très rarement sur le marché. L'exposition de 2007 a permis de retracer la carrière de ce protagoniste de l'âge d'or de la peinture de fleurs en France, à l'époque de la Restauration et de la Monarchie de Juillet. Né en Allemagne, il est encore jeune lorsqu'il se fixe à Paris, où il se forme à la peinture de fleurs au Muséum national d'histoire naturelle, auprès de Gérard van Spaendonck. À partir de 1818, il fait carrière comme peintre sur porcelaine à la Manufacture de Sèvres. Il y exécute des décors de services – dont un pour la duchesse de Berry en 1825-1828 –, des plaques décoratives conçues pour orner des meubles précieux et de grandes copies sur porcelaine d'après des toiles de Jan van Huysum et Gérard van Spaendonck. S'il expose ses toiles au Salon entre 1822 et 1855, les musées français ont recueilli peu d'exemples de sa peinture de chevalet : le musée des Beaux-Arts de Lyon conserve un tableau exposé au Salon de 1822 et deux toiles figurent dans les collections du Louvre. Nos deux pendants viennent s'inscrire dans la belle section de peintures de fleurs que présente le musée, dominée par un sublime vase de roses de Redouté
Au même moment, un descendant du peintre Anicet Charles Gabriel Lemonnier, l'un des fondateurs du musée, a proposé de vendre deux charmants portraits ovales de Lemonnier et de sa seconde épouse, réalisés par le peintre lui-même. Les tableaux, qui ont pu être exécutés à l'occasion de cette nouvelle union, se répondent en légers trois-quarts réciproques. Lemonnier a procédé par contraste : il se peint en vêtement sombre, réveillé par un mince jabot blanc, et porte une sage perruque blanche à rouleaux autour de son visage en lame de couteau ; il laisse voir sous la peau une pilosité sombre que confirment ses sourcils noirs et broussailleux ; enfin sa bouche fine et l'acuité de ses yeux bruns le peignent comme un intellectuel à la fois songeur et déterminé. Au contraire, son épouse replète, se distingue par une certaine élégance de costume avec sa robe décolletée à manches légèrement bouffantes, bordée d'une fourrure et ornée d'un noeud de satin bleu ; elle porte une coiffe crantée ornée d'un même ruban bleu soigneusement disposé qui est en consonance avec ses yeux bleus transparents ; son visage clair, rehaussé de rose, suggère une image de fraîcheur et de don de soi. Ainsi s'opposent dans leur complémentarité, l'intelligence de l'homme et la disponibilité de la femme.
C'est principalement Lemonnier qui a veillé a constituer le premier fond du musée : il était membre de la commission des monuments à conserver à la nation ; dès juillet 1790, il reconnaissait et réservait les peintures les plus intéressantes qu'il repérait en Normandie ; en juin - juillet 1792, il exposait les meilleures oeuvres dans l'église Saint-Ouen, comme préfiguration du futur musée, dont la mort de saint François de Jouvenet. Enfin, revenant à Paris il a sélectionné un certain nombre de chefs-d'oeuvre comme le Gérard David confisqué à un émigré ou la prédelle du Pérugin, saisie en Italie. Après bien des avatars, c'est en 1809 que le musée de Rouen ouvre dans l'hôtel de ville.
Compris dans le billet d'entrée du musée
Plein tarif : 3 €
Tarif réduit : 2 €
Gratuit pour les moins de 18 ans et les demandeurs d'emploi
Musée des Beaux-Arts - La Galerie
Vider Paris
20 septembre - 24 novembre 2008

Dans le cadre de l'édition 2008 des « Dessous du Patrimoine », consacrée au thème de la complexité urbaine, le musée des Beaux-Arts présente une œuvre spectaculaire de Nicolas Moulin, Vider Paris, accompagnée de trois photographies non moins saisissantes prêtées par le Frac Haute-Normandie. Projetée sur écran, Vider Paris (installation vidéo et bande sonore, 1998-2001) est une promenade dans la ville dépouillée de ses habitants et entièrement bétonnée jusqu'au premier étage de ses immeubles. On circule donc dans un dédale à la fois paisible et angoissant, qui semble n'attendre que l'ouverture de quelque vanne gigantesque qui viendrait tout inonder. Montage d'une somme colossale d'images réunies en un diaporama très sophistiqué, l'œuvre explore les possibilités de l'infographie avec un résultat d'une extrême sobriété. C'est la même vision aiguë et minimale que traduisent les photographies, concentrées sur la rigidité et la perfection industrielle d'un environnement où la place de l'homme est à redéfinir. Ce rapport de l'humain à l'architecture et à la géométrie est également mis en question par les apparitions improbables de A.V.H (A Visage Humain), vidéo de 1998 présentée parallèlement dans la Petite Galerie de l'Ecole régionale des Beaux-Arts.
Exposition organisée avec le Fonds régional d'art contemporain Haute-Normandie
Entrée libre
AUTOUR DE L'EXPOSITION
Nocturne le samedi 20 septembre 2008 de 20h à 23h45
Musée des Beaux-Arts
21 novembre - 22 février 2009
Prolongation jusqu'au 08 mars 2009

Georges Koskas, né à La Marsa en Tunisie en 1926 et installé à Paris depuis 1946, a été l'un des représentants les plus originaux de l'abstraction géométrique en France dans les années quarante et cinquante. Il apparaît alors pionnier et radical, tout en suivant déjà une inspiration extrêmement libre et poétique qui donne à ses tableaux une finesse aérienne que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. Formé dans l'atelier d'André Lhote en 1946 et dans celui de Fernand Léger en 1947, Koskas conservera toujours un sens précis de la composition. En 1949 Michel Seuphor l'invite à participer à une exposition à la galerie Maeght à Paris. Les années cinquante voient l'apparition des tableaux de points qui lui apportent rapidement la notoriété et restent l'une des expressions les plus pures de l'avant-garde parisienne de cette époque. Confortée par ses contacts avec Georges Vantongerloo ou Fritz Glarner qu'il rencontre à New York en 1955, la richesse de sa production abstraite aurait dû lui octroyer une place solide dans l'histoire de l'art. On voit pourtant son répertoire s'infléchir pour tendre vers l'informel dès 1955 et à la fin des années cinquante, contre toute attente, Koskas revient franchement à la figuration. N'écoutant qu'un impérieux besoin de liberté, revendiquant la primauté de la sensibilité et de l'inspiration, Georges Koskas ne voit pas d'opposition entre ses œuvres abstraites et les peintures plus tardives, frémissantes de lumière, où les bords de mer animés et les élégantes figures épanouies comme des fleurs évoquent des souvenirs de Matisse ou de Pascin, sans autre dogme que la pure liberté du poète. Les virages du travail de Koskas ont beaucoup dérouté, sinon découragé la critique et c'est la première fois que son œuvre est appréhendé dans son ensemble. Prenant soin d'annuler toute possibilité d'être réduit à un système, Koskas n'a jamais voulu se laisser enfermer. Outre les vastes explorations de sa peinture, il illustre des œuvres littéraires et réalise plusieurs décors de films dont Goha le simple de Jacques Baratier, projet dans lequel il est très impliqué en 1957, et La Poupée du même d'après Audiberti en 1962. Le contact avec le cinéma semble avoir joué un rôle décisif dans le retour à la peinture figurative. Plus tard, à la fin des années 1970, il crée des photos-peintures avec Eva Rodgold et publie même en 1981 un roman-photo intitulé 4,5,8,9. La peinture suit pendant ce temps d'imprévisibles circonvolutions, continuant de construire un univers sensuel et joyeux, composé de couleurs lumineuses placées en oppositions vibrantes, dans un style de plus en plus difficile à classer à une époque où dominent des courants aussi contrastés que bien repérés : peinture engagée, post-minimalisme, néo-expressionnisme ou art conceptuel... Le portrait, qui occupe une place importante dans l'univers de Koskas depuis les œuvres tunisiennes des débuts, continue de faire d'étonnantes apparitions. La rétrospective du musée des Beaux-Arts de Rouen est l'occasion de suivre un itinéraire d'une exceptionnelle indépendance, poursuivi au risque de l'incompréhension, cultivant avec rigueur cette atmosphère précieuse, purement poétique, où la fantaisie peut faire monter dans l'air léger le plus profond de l'être.
Plein tarif : 5 €
Trarif réduit : 3 €
Entrée gratuite pour les moins de 18 ans et les demandeurs d'emploi.
AUTOUR DE L'EXPOSITION
Visites commentées (1h)
Dimanches 30 novembre, 7, 14, 21 et 28 décembre, 4, 11 et 18 janvier, 1er, 8, 15 et 22 février à 16h
Tarif : 3,80 € + entrée à tarif réduit ; gratuit pour les moins de 18 ans
Musées en famille (1h15)
Dimanche 25 janvier à 16 h
30 adultes et 15 enfants maximum
Tarif : 3,80 € + entrée à tarif réduit ; gratuit pour les moins de 18 ans
Midi-musées (45 min)
Jeudis 8 et 15 janvier et vendredis 9 et 16 janvier à 12h30
Tarif : 3,80 € + entrée gratuite ; gratuit pour les moins de 18 ans
Conférence
Les abandons de Georges Koskas : un demi-siècle de peinture par Lucile Encrevé
Jeudi 22 janvier à 18h30
Auditorium du musée des Beaux-Arts
Entrée libre
Cinéma-musées
Mardi 6 janvier
Autour de Georges Koskas
Programmation Braquage, en présence de Sébastien Ronceray
Auditorium du musée des Beaux-Arts
Entrée libre
Vacances au musée
Du mercredi 25 au jeudi 27 février, 10h – 12h
Pour les 6-12 ans – 22,95 €
Rencontre enseignant
Mercredi 3 décembre
Sur réservation au 02 32 08 91 00
Pour télécharger le dossier pédagogique de l'exposition, cliquez ici
Musée des Beaux-Arts - Cabinet des dessins – Aile Nord et Sud
12 mars – 29 juin 2009

Si les estampes de l'âge d'or de l'époque Edo montrant les célèbres beautés des maisons de thé vaquant à leurs gracieuses occupations ont depuis longtemps la faveur du public occidental, l'estampe japonaise ne saurait se limiter à la vison esthétisante des amateurs du XIXe siècle. Aux yeux des Japonais, plus qu'une œuvre d'art, elle est une part intégrante de leur quotidien, qu'il s'agisse d'orner à peu de frais les piliers de leur maison, d'appuyer d'un exemple visuel une pédagogie, de conserver le portrait d'un acteur célèbre ou d'un artiste (fig.), en un mot d'illustrer toutes les aspirations d'une époque s'incarnant dans les héros populaires de son histoire, comme les vaillants samouraïs de Takeda Shingen, tels qu'ils apparaissent dans la série d'estampes de Sadahide Gounteï (1807-1878/79) ou tels que les montrent les pièces de théâtre Kabuki qui leur sont consacrées, les romans illustrés et de nos jours encore les jeux vidéo… À partir de 1868, la restauration impériale de l'époque Meiji engage le Japon, jusqu'alors interdit de contacts avec l'Occident, dans un processus irréversible de modernisation. Les artistes japonais découvrent avec émerveillement le bleu de Prusse et délaissent les tons pastels délicats du tournant du XVIIIe pour jongler sans complexe avec les couleurs les plus franches, le rouge et le bleu en particulier, obtenant ce coloris très vif qui fascinera les Occidentaux. Un artiste comme Yoshitoshi Tsukioka ( 1839-1892), le représentant le plus talentueux de l'école d'Utagawa, considéré comme le dernier grand maître de l'ukiyo-e (fig.), ayant complètement assimilé les schémas de composition occidentaux, s'inscrit aussi dans les tendances les plus modernes. Les collections japonaises de la Ville de Rouen se sont constituées grâce à la générosité de donateurs successifs, du très classique Jules Hédou qui a doté la Bibliothèque municipale de belles planches de l'époque Edo (fig.) à Jules Adeline, ami de Champfleury et de Siegfried Bing, qui a offert au muséum d'histoire naturelle quelques uns des fleurons de son département d'ethnographie (fig.) jusqu'à Zama Muramoto-Legendre et à son époux qui ont versé au musée des Beaux-Arts les charmants objets collectés au Japon en 1933 (fig .), derniers témoins d'un Japon près de disparaître et à Janine Lauri qui a pourvu le musée des Beaux-Arts de planches rares dans les collections françaises. Longtemps ignorées du grand public, elles invitent à de nouvelles interrogations sur les rapports croisés Orient-Occident qui suscitent actuellement l'intérêt passionné tant des japonologues français que des chercheurs japonais. Outre le pur plaisir que procurent la perfection formelle des objets présentés et l'ingéniosité qui a présidé à leur création, elles offrent aux plus jeunes l'occasion de découvrir l'une des sources majeures de la littérature de divertissement.
Entrée comprise dans le billet d'entrée des collections permanentes du musée des Beaux-Arts
Plein tarif : 3 €
Tarif réduit : 2 €
Entrée gratuite pour les moins de 18 ans et les demandeurs d'emploi.
AUTOUR DE L'EXPOSITION
Public individuel





Tableaux flamands et hollandais du musée des Beaux-Arts de Rouen est dédiée à une partie des collections rouennaises qui n'a pas encore acquis aujourd'hui la renommée qu'elle mérite, tant il est difficile, à Rouen, de rivaliser avec le fonds si prodigieusement riche et varié des peintures françaises. Ce sont plus d'une cinquantaine d'oeuvres qui sont présentées au public parisien dans le cadre de Maîtres du Nord. Le soutien de la Fondation Custodia permet de publier à cette occasion le catalogue complet des tableaux flamands et hollandais, du XVIe au XIXe siècle.
Présenter la fine fleur du fonds nordique dans les salons de l'Institut néerlandais offre l'occasion de considérer d'un oeil neuf ce qui est en fait l'un des plus singuliers ensembles de tableaux flamands et hollandais qui soient conservés dans un musée français. La saveur bien particulière de la collection tient pour une bonne part à la place exceptionnelle du XVIe siècle : avec Pieter Aertsen, Maerten de Vos, Vænius ou Bloemaert, le maniérisme nordique y est superbement représenté. Quant à la collection de peintures du XVIIe siècle, elle abrite de très belles pièces classiques, comme les tableaux de Ter Borch, Thomas de Keyser, Kalf, Van Goyen, Berchem ou Gillis van Tilborch, mais elle est riche aussi en oeuvres intrigantes, inattendues et rares, auxquelles les amateurs sont aujourd'hui particulièrement sensibles comme les peintures de Paulus Bor, Caesar van Everdingen ou Cornelis Gijsbrechts. Si elle ne dégarnit pas intégralement les salles nordiques et si – en raison de leur fragilité ou de leur format – certaines pièces majeures comme le Gérard David ne seront pas présentées à Paris, cette exposition hors les murs ouvre cependant, l'espace de quelques mois, des brèches importantes dans le parcours des collections permanentes. Des oeuvres d'Alain Sonneville et Pierre-Claude De Castro viennent occuper avec humour et élégance les espaces temporairement libérés.